Agro-Business Africain Alternatif 21


Introduction

légumes afriqueSe nourrir est un besoin fondamental et c’est aussi, sans doute pour cette même raison, un enjeu industriel considérable à l’échelle mondiale et donc l’enjeu d’une véritable guerre idéologique.

Aujourd’hui, il y a un activisme souterrain très puissant pour imposer une vision agro-industrielle particulière au continent africain. Cette vision n’est pas spécifique à l’Afrique car elle s’est déjà imposée en fait au monde agricole des pays occidentaux. (Voir Note personnelle au bas de cet article)

L’enjeu, en imposant cette vision est d’entraîner le maximum de personnes à favoriser les affaires de la grande industrie en l’aidant à soumettre le monde agricole à ses besoins.

Je veux présenter ici dans un premier temps, les dessous de cette vision, de ce business model de la grande industrie.

Ensuite nous verrons qu’il y a une formidable alternative qui est à la portée d’un grand nombre de petits et moyens entrepreneurs et qui, à mon sens est largement supérieure à la première à tous points de vue : humains, écologiques, culturels, et la seule à préserver l’originalité africaine et un avenir digne de ce nom pour les générations futures.

Le business model agro-industriel occidental

Analyse du discours

On peut lire un peu partout dans les médias des choses comme celles-ci (Source Jeune Afrique) :

Le secteur agricole africain se caractérise par sa faible productivité. Si le continent cultive aujourd’hui 15 % des terres arables de la planète, il ne participe qu’à hauteur de 5 % aux volumes de production mondiaux. « On ne peut pas nourrir 1 milliard de personnes en continuant à travailler à la houe ! » s’emporte Eklou Attiogbevi-Somado. Pour améliorer les rendements, « il faut généraliser l’utilisation des intrants », reprend l’expert de la BAD.

Dans le discours ci-dessus, tout est faux, archi-faux, intégralement faux !

  • “5 % des volumes de production contre 15 % des terres arables”

Comment a-t-on calculé ces 5 % de production ? 5 % de quoi exactement ?

Est-ce qu’on a compté les milliers de tonnes de mangues, bananes plantain, fruits du baobab, avocats, papayes, goyaves, corossol, taro, manioc, … qui abondent partout en zones tropicales et dont on ne sait même pas quoi faire ? NON bien sûr ! Ca n’existe pas ça dans cette vision, toute cette production est un trou noir pour ces statistiques !

  • “faible productivité”

On ne sait même pas ce qu’on compare ! Ici on parle de chiffres globaux, sans références précises, ces chiffres concernent vraisemblablement l’origine africaine des grands produits faisant l’objet du commerce mondial et d’abord destinés à être des intrants (pour parler comme l’expert !) à l’industrie agro-alimentaire ou l’industrie tout court (blé, cacao, sucre, maïs, coton, arachide, palmiste …) Encore une fois, les productions qui n’atteignent pas les marchés mondiaux (vivrières pour une grande part) échappent assurément au décompte.

  • “travailler à la houe”

Et alors ! On n’a même pas besoin de houe pour un grand nombre de produits ! Et encore une fois, le problème pour le moment n’est pas un problème de production, c’est un problème d’infrastructure de transformation et de distribution.

  • “généraliser les intrants”

C’est la même objection qu’au dessus : pourquoi essayer d’augmenter la production alors qu’on n’a même pas les infrastructures pour utiliser ce qui est produit ?
Mais on voit bien là poindre un des enjeux sous-jacents : créer un marché pour les industries chimiques et mécaniques.

Décryptage du modèle sous-jacent

grande culture afriqueLa vision de ce Business Model Industriel est de considérer le monde agricole d’une part comme une annexe qui lui fournirait une matière première standardisée et à moindre coût et d’autre part comme un débouché à qui vendre matériel et produits chimiques.

Un des éléments central de cette stratégie et de faire payer le développement de cette agriculture standardisée par la collectivité mondiale via les aides internationales en exploitant la menace totalement inventée, de la sous-nutrition et de la famine comme un levier et un moyen de pression sur les esprits du public et des dirigeants à la fois occidentaux et africains.

L’industrie déclare : “moi seule peut nourrir le monde !”

Puis elle entreprend de le « démontrer » à coup de statistiques biaisées, d’ONG de lutte contre la faim, de reportages télévisés sur les petits noirs qui meurent de faim, de colloques internationaux de la FAO, de colloques pseudo-scientifiques sur le OGM (subventionnés par Monsanto), de déclarations de la Bill & Melinda Gates Fundation, etc.

Les enjeux sont limpides :

  • vendre des “intrants” industriels aux producteurs
  • acheter une production standard à bas prix
  • revendre les produits transformés industriellement à une population qui n’aura plus le choix d’acheter autre chose pour se nourrir.

Si on suit cette stratégie, il faut :

  • vider les campagnes des paysans : pas de crédits, pas de moyen d’amélioration, pas d’infrastructure … et l’attrait de la ville devrait finir par les lasser !
  • modifier le régime de propriété de la terre de façon à s’accaparer des terres en masse et à en garantir le contrôle.
  • organiser les terres en zones de grandes cultures mécanisables qui demandent peu de main d’œuvre.
  • remplacer les paysans par des agriculteurs « modernes » (subventionnés dans un premier temps, la charité internationale devrait y pourvoir)
  • se débarrasser des cultures vivrières qui permettent à la population de survivre localement et s’orienter essentiellement vers les grands produits de base utilisés en agro alimentaire et cultivable mécaniquement – point.

On voit comment tout cela s’articule très logiquement et comment chaque point renforce l’autre, c’est un système très cohérent, très puissant et totalement macabre.

On peut appeler ça dans les médias la “Révolution Verte Africaine” ou “Comment l’Afrique peut devenir le grenier de la planète” et autres fadaises innommables mais dont 99% des journalistes, économistes, experts, et autres bienfaisants de toutes sortes peuvent trouver à se goberger.

Voilà le business model décrypté, tout nu, découvrant la « partie immergée de l’iceberg » si vous vous souvenez du chapitre sur la face cachée de l’idée business dans l’article Business Plan : 5 mythe à éradiquer

Vous avez envie de ça ?

La réalité

fruits afrique gabonUne terre riche

La réalité c’est que la majorité de l’Afrique est une terre d’abondance, qu’elle l’est traditionnellement et depuis bien longtemps.

Je renvoie les lecteurs sceptiques ou simplement curieux,  au livre  Voyage à Tombouctou de René Caillié, récit de voyage entre la côte de l’actuel Sénégal et la ville de Tombouctou, entre 1820 et 1824 où on découvre la richesse agricole de l’actuelle République de Guinée …

Un énorme gâchis

La réalité est qu’à ce jour, un tiers à deux tiers des récoltes de l’agriculture traditionnelle en Afrique sont tout simplement perdus !

Par exemple, en Guinée Forestière, zone de production agro-alimentaire par excellence à cause des conditions climatiques et hydrologiques très favorables, on estime qu’environ les deux tiers des récoltes de fruits sont aujourd’hui perdus à chaque saison de production. Et ce problème est récurrent dans toutes les zones de production agricole en Guinée à plus ou moins grande échelle.

Le fait est qu’il n’existe que très peu de moyen pour transformer la production, ne serait-ce que la conditionner et l’expédier vers des zones de consommation. En d’autres termes il y a sur-production !

De plus, l’absence d’accès au marché, ou du moins, les grandes limitations que l’accès rencontre, n’incitent pas les producteurs à faire quoi que ce soit, surtout pas à augmenter leur production, car ils ne peuvent déjà pas vendre ce qu’ils produisent, alors même qu’ils pourraient pourtant augmenter leur production même avec les moyens existants ! Même avec la simple houe méprisée par notre expert !

Un business model alternatif

Une alternative consiste à s’appuyer sur la production existante et à créer des entreprises de transformation simple (dans un premier temps) à proximité des lieux de production. Cette transformation vise simplement à permettre la conservation des produits et leur conditionnement de façon à faciliter le transport et à pouvoir vendre en contre saison.

Le business model de cet agro-business africain peut se résumer ainsi :

  • acheter les produits en haute saison
  • les fumer / sécher / conditionner
  • les stocker
  • les revendre en contre saison localement et sur les marchés extérieurs

Dans cette stratégie vous noterez que nous avons le contre-pied exact de celle du modèle industriel :

  • les paysans peuvent se maintenir à la campagne : ils peuvent vendre leur production et augmenter leurs revenus
  • Il n’est pas nécessaire de modifier le régime de propriété de la terre, on ne cherche pas à en contrôler l’usage
  • les paysans n’ont pas besoin de se mécaniser particulièrement et il ne leur est pas nécessaire de faire d’investissements particuliers
  • on conserve les cultures vivrières qui sont valorisées et deviennent ainsi une source de richesse supplémentaire par leur commercialisation hors zone
  • Il n’y a pas d’intrants nouveaux pour les paysans

Les investissements à réaliser se situent au niveau des unités de transformation, ils consistent en séchoirs, locaux de stockage, petit outillage, emballage, …

Vision prospective

fruits afrique gabon 2A partir du moment où des entreprises de ce type vont démarrer, elles pourront progressivement sophistiquer leur processus, autofinancer de nouveaux matériels, et évoluer vers d’autres mode de transformations : conserverie, fruits confis, bonbons, jus de fruits …

Compte tenu de l’abondance des productions, elles seront à terme capables d’exporter.

Il faut comprendre que dans les pays occidentaux , la gamme de fruits et légumes disponibles est considérablement plus restreinte qu’en Afrique, l’européen ne connait pas le dixième des produits qui sont à la portée d’un paysan de Guinée Forestière ! Et ils sont toujours avides de nouveautés, et parallèlement la nourriture de plus en plus industrielle est de plus en plus uniformisée, il y a donc une grande opportunité commerciale.

De plus, on pourra bénéficier du fait que dans beaucoup de zones, les productions – grâce à l’absence d’intrants chimiques – peuvent être considérées comme “biologiques” et pourront s’exporter en tant que telles comme produits à haute valeur ajoutée. Ceci nécessitera des processus de certification et de contrôle des producteurs mais ceci c’est de la matière grise qui ne manque pas en Afrique, si on considère le nombre de hauts diplômés au chômage …

Vous n’avez pas plutôt envie de ça ?

Merci de répondre dans la zone commentaire ci-dessous !

Merci de partager vos éventuelles expériences concernant le gâchis de la production agricole en Afrique.


Note Personnelle

Vous vous demanderez peut-être pourquoi un Informaticien s’intéresserait tant à l’agriculture et ce qu’il en connait ? Et bien simplement, je suis fils de paysans, mes parents étaient eux mêmes enfants de paysans, etc … Bref, je fais partie dans ma lignée de la première génération qui n’est plus dans l’agriculture mais j’en garde une connaissance intime, un vif intérêt et une petite nostalgie.

J’ai vécu la transformation agricole en France, j’ai vécu le passage d’une agriculture fondée sur la polyculture, un mélange d’élevage et de culture, vers la spécialisation à outrance, la disparition des prairies, des haies, des chemins, de la faune, au profit de quelques grandes cultures (blé, maïs, colza) et à l’utilisation des produits chimiques à outrance. Mon père est mort du cancer à 62 ans, car dans les années 70-80 les paysans utilisaient ces produits sans la moindre précaution. Aujourd’hui ils se déguisent en cosmonautes pour manipuler ces poisons !

J’ai vu les paysans perdre le contrôle de leurs exploitations, de leur mode de travail, poussés à coup de subventions agricoles vers les achats de matériels, de produits chimiques, de concentration des terres, etc.

Tout cela a été le fruit d’une politique agricole nationale puis européenne qui a petit à petit amené les paysans a être totalement dépendants de la mécanisation et de la chimie d’un côté alors que de l’autre la commercialisation de leurs produits  étaient entre les mains de pseudo coopératives elles mêmes soumises aux politiques agricoles, tandis que les prix des denrées étaient fixées par les états et les marchés mondiaux.

En considérant un peu l’histoire, je me rends compte que ce modèle, avant de s’imposer dans les “pays compliqués”, a en fait été celui qu’on a implanté autoritairement à plus où moins grande échelle, à l’époque coloniale, en Inde, en Asie, en Afrique et lorsqu’il s’est délité pour cause de décolonisation, il s’est reporté intégralement sur la paysannerie occidentale et aujourd’hui, les derniers paysans à laminer sont ceux d’Afrique …

Parallèlement, notamment à partir des années 70, le spectre de la pénurie alimentaire mondiale a commencé à se répandre à travers les grands médias. Lorsque j’étais enfant, vers la fin des années 60, Afrique était associée à famine ! En fait la croyance suivante – totalement frauduleuse – s’était imposée à l’esprit du grand public, et elle y est toujours : “sans chimie et sans mécanisation, le monde ne pourra pas se nourrir”. Le lobby industriel s’était en fait servi de l’épouvantail africain fabriqué de toutes pièces pour imposer son modèle.


Fantastique école d’agro-foresterie au Sénégal, excellent exemple d’agriculture résiliente et éclatante démonstration de ce que peut être l’agriculture en Afrique, sachant parfaitement s’accommoder des changements climatiques et à l’opposé du délire de l’agriculture industrielle qui ne peut mener qu’au désastre.


Les moissons du futur : excellent reportage de Marie Monique Robin sur la comparaison des 2 systèmes. Très instructif, à voir !


Afrique Grenier du Monde
Site ami qui se donne pour mission de favoriser l’entrepreneuriat agricole africain :

Afrique Grenier du Monde chaudement recommandé, à visiter !


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21 commentaires sur “Agro-Business Africain Alternatif

  • Etoga rodrigue

    bonjour !
    je voudrais bien avoir des conseils sur « entrepreneuriat agricole » . la providence a voulu que je tombe sur ce site. en effet j’aimerais savoir les différentes étapes par lesquelles il faut passer pour partir d’une agriculture  » archaïque » à une agriculture moderne. merci !

    • Pascal Rodmacq Auteur de l’article

      Bonjour,
      il ne faut pas considérer qu’il y a une agriculture « archaïque » et une agriculture « moderne ».
      L’agriculture soi-disant moderne, on en crève même si on ne le voit pas encore bien clairement, l’agriculture moderne c’est le nom qu’on met sur l’agriculture asservie à l’industrie.
      Il n’y a pas d’avenir dans ce modèle, c’est celui de l’esclavage.
      Il faut tourner le dos à ces schémas. L’agriculture archaïque a fait vivre l’humanité pendant au moins 10000 ans, et il est clair que si l’agriculture moderne pourra se prévaloir de quelque chose de marquant dans l’histoire de l’humanité c’est qu’elle risque de la faire périr en 100 ans, si on continu comme ça.
      Je ne peux que vous conseiller d’ouvrir vos yeux, vos oreilles, votre coeur, votre esprit, votre discernement personnel pour sentir ou est la vérité.
      Reqgarder les videos consacrées à l’agriculture et à des exemples de réussites sur la chaine youtube du blog :
      Youtube Business-en-Afrique
      vois notamment le témoignage du Dr Babadjide qui a longtemps été méprisé par ses collègues, c’est un grand exemple à suivre pour toi.
      Regarde les videos :
      « La Maison du paysan : Et pourtant c’est lui qui avait raison »
      « LA MAISON DU PAYSAN….. comme Université du Savoir Traditionnel Amélioré »
      Bien amicalement
      Pascal

  • Cèdric Kidja

    bonjour je m’appelle Cèdric je suis èlève en classe de terminaleS2 au Senegal
    tout d’abord je m’interresse beaucoup a l’agriculture et à l’èlevage mais je ne c’est pas quoi choisir et aussi je n c’est pas s’il faut que je m’interesse a la production ou a la transformation donc je voudrais des conseils sur la filiére a suivre les bonnes ècoles et je suis vraiment de tout cœur avec vous

    • Pascal Rodmacq Auteur de l’article

      Bonjour Cédric,
      bravo pour ton intérêt à l’agriculture et l’élevage !
      En fait les 2 devraient toujours aller ensemble en fait et se renforcer mutuellement.
      Donc mon premier conseil est de comprendre l’intérêt de pratiquer les 2 simultanément, de comprendre les interactions.
      Avant de s’intéresser à la transformation, il est bon de comprendre comment les choses sont produites.
      Il faut faire attention avec les écoles d’agriculture elles prêchent souvent un discours fallacieux sous la propagande de la grande industrie.
      Vas sur la chaine youtube du blog :
      https://www.youtube.com/channel/UCeFPIMnVIOXQJMxqcMeYWNg
      et parcours la liste « Agriculture pour l’Afrique » et vois le témoignage du Dr Babadjide qui a longtemps été méprisé par ses collègues, c’est un grand exemple à suivre pour toi. Regarde les videos :
      « La Maison du paysan : Et pourtant c’est lui qui avait raison »
      « LA MAISON DU PAYSAN….. comme Université du Savoir Traditionnel Amélioré »

      Bien amicalement

  • Jean Jacques Garnier

    Je suis très heureux de voir que je ne suis pas seul à avoir, non seulement compris le problème, mais complètement partager votre point de vue. Malheureusement, vous oubliez le vrais cancer (et le mot est faible) c’est pas trop les industries (qui ne sont là que pour valoriser et vendre, avec profit bien sûr, mais faisant vivre aussi un système)… Mais le système extrêmement évolué « des dirigeants (politiques compris) » de banques et surtout très discret du monde de la finance « les bourses par exp ».

    Je voyage souvent en Afrique… ou j’essais d’inculquer non pas une vue de supériorité (comme beaucoup) mais de partage équitable, non des produits, mais des vrais ressources humaines… Le jour que la (chine) l’AFRIQUE s’éveillera…

    Mais la vrais lacune « voulu » c’est simplement l’Enseignement.

    UN jour viendra, couleur d’orange……………..

    • Pascal Rodmacq Auteur de l’article

      Bonjour Jean Jacques,

      Je n’incrimine pas les industriels en tant qu’industriels (j’aime l’industrie en soi mais elle ne doit pas nuire), je veux surtout relever un ensemble d’idées (croyances, idéologies) extrêmement puissant qui sous tend effectivement un mécanisme à faire de l’argent, et nous fait apparaître la réalité de la façon qui arrange et conforte ce mécanisme.
      C’est d’abord cette forme d’aliénation mentale qui se donne les apparences de la science, de la technique, de la raison … qui est le sujet de mon étude, appliquée ici au domaine agricole dont je suis issue, mais qui s’applique également à beaucoup d’autres domaines (notamment la médecine et l’enseignement …), en Afrique et partout dans le monde.
      L’Afrique a peut être paradoxalement plus de moyens pour résister à cette horreur si elle est capable de se recentrer, de se ressourcer à ses meilleures traditions ancestrales.
      L’Occident a sombré dans ce système qui a dissous toutes les traditions & savoirs qui pouvaient le gêner. Cette dissolution s’opérant notamment via l’enseignement qui s’apparente de plus en plus à la propagande et au décervelage …

  • janice - flore

    bsr! je suis agréablement surprise par votre article qui tente de convaincre les lecteurs que nous sommes qu’il y aedr un autre moyen d’intensifier et de rentabiliser l’agriculture vivrière au profit des petits agriculteurs et paysans. je fais actuellement un travail de recherche sur l’intensification de l’agriculture vivrière au moyen de la mécanisation, mais je m’interrogais sur la compatibilité entre la mécanisation agricole et les enjeux de durabilité.

    • Pascal Rodmacq Auteur de l’article

      Hello Janice,
      Merci pour votre commentaire !
      Notez que je n’essaye pas de convaincre le lecteur de quoi que soit, c’est à lui de se faire ses convictions.
      Pour l’intensification de l’agriculture vivrière, je crois que c’est un faux problème, l’agriculture vivrière comme son nom l’indique produit assez pour vivre, produire au delà à ce jour ne sert à rien ni à personne car il n’y a personne pour consommer les produits !
      Si l’agriculture vivrière pouvait vendre ses produits, alors seulement les producteurs auraient un intérêt à augmenter leur production.
      C’est l’opportunité pour des entreprises intermédiaires de valoriser les produits de l’agriculture telle qu’elle est à ce jour (vivrière si on veut l’appeler ainsi) qui est proposée ici.
      A partir de là, on peut amorcer la pompe et les paysans chercher les moyens qui leur conviennent pour augmenter leur production.
      Chercher à augmenter la production sans savoir quoi en faire n’a pas de sens, et c’est pourtant le discours général car il est fondé sur l’idée totalement fausse que l’agriculture traditionnelle est peu productive.

  • Dethie Sarr Niang

    Bonsoir Pascal

    C’est avec beaucoup d’intéret quej’ai lu cet article.

    Je souscris entièrement à tout ce qui a été écrit.

    Il faut continuer.

    Une autre forme d’agro-industrie est possible.

    Dethie

  • OLIVIER ROSTAND

    Très bonne analyse de votre part. Je suis moi aussi fils de paysan comme vous avec des idées novateurs mais pas de possibilités de les mettre en pratique.
    Concrètement la famille produit des fruits en quantité considérable qui sont très sollicités sur le marché mais n’a pas asse de moyen pour les commercialiser et tirer le profit nécessaire.
    Tous d’abord elle ne dispose par de moyen de transport, les infrastructures routières aussi sont impraticables pendant la saison de récolte dans la zone de production, le peu qu’on parvient à sortir du champ nous permet juste d’assurer les frais de santé nutrition et éducation.
    La solution comme tu l’as si bien dit est la conservation ou encore la transformation mais tous cela nécessite des moyen financier allant au-delà des revenues des paysans africains.
    Selon moi je pense que la question pour les paysans africains actuellement est une formation d’abord la formation dans ces différentes techniques de conservations de commercialisations (negos produit agricole). Et tout ceci est un rôle régalien de l’Etat mon cher pascal l’Etat étant défaillant, nous sommes obligé de courir vers le premier venu sans même comprendre les conditions qu’il nous impose. Un produit qui coute 500f cfa le kg sur le marché est vendu à 100f cfa le kg juste parce qu’on n’a pas d’autre choix que de vendre à ce prix là et à ce moment là.
    Voilà la réalité de l’agriculture africaine

    • Pascal Rodmacq Auteur de l’article

      Merci beaucoup pour ton témoignage mon cher Olivier !
      Pour les techniques simples de conservation comme le séchage per exemple, je ne pense pas qu’une formation sophistiquée soit nécessaire, on peut même apprendre sur le tas.
      Aussi, bien que cela nécessitent quelques investissments, ils restent limités, et les technologies sont simples.
      Le tout est de démarrer avec l’investisement minimal qui apportera tout de suite une amélioration.
      On cherche en ce moment à identifier tous les programmes d’aide/montages qui pourraient supporter la création d’entreprises du type « conservation / stockage élémentaire ».

  • Jonas

    Voici aujourdhui le vrais problemes des Africains, comment conserver nos produits?
    Si nous avons des Entreprises qui peuvent conditionner et stocker nos produits agricoles en haute saison, alors nous pourrons lutter contre la faim en Afrique de l,ouest a 90%.
    merci a tous
    Jonas

  • KANTE

    Cet alternatif est tellement intéressant dans l’agro-business qu’il me permet aujourd’hui d’entretenir la famille en Haute-Guinée à partir des bénéfices du plan: ACHETER – CONDITIONNER – TRANSPORTER – STOCKER – REVENDRE. Des produits locaux exotiques comme le fruit du Baobab (sans la houe!) sont très sollicités.
    Bref, votre analyse est salutaire et édifiante.

    • Pascal Rodmacq Auteur de l’article

      Kante,
      merci beaucoup pour votre témoignage !
      En vous souhaitant pleine réussite et bonheur à vous et votre famille.

  • blandine

    Très bonne analyse , du système .
    Mais cela va être difficile de faire passer ce message , en Afrique . Très peu de pays résistent à l’appel de l’Industrie agro alimentaire .

  • Loic

    Merci pour cet article. C’est une belle et inspirante méthode pour nous faire comprendre qu’il est temps de nous passer des pratiques avilissantes et mensongères des multi. Nous n’avons plus le choix. Il faut agir chacun pour un monde meilleur, nous ne devons plus compter sur quelques leader pur nous aider. Cette méthode à toujours été étouffée. C’est l’éveil du nombre qui fera évoluer les choses. Et en plus tu proposes des solutions.

    Merci pascal. Je partage.